Carouge, 12.08.09 - Depuis le début de l'année 2008, Genève dispose d'une loi interdisant la mendicité. Or, pas un jour ne se passe sans voir des personnes mendier aux abords de centres commerciaux, dans les transports publics ou sur les terrasses de restaurants. Il est même fréquent que des mineurs soient utilisés pour ces pratiques.
Pourquoi en arrive-t-on à cette situation? N'y a-t-il pas d'autorité chargée d'appliquer la loi? Le ressentiment au sein de la population est d'autant plus grand si l'on compare au nombre d'intervenants qui agissent pour l'application des lois sur le stationnement.
Cette recrudescence du phénomène de la mendicité pose des problèmes tant du point de vue du respect des lois que de celui de chaque citoyen à ne pas être importuné. Elle provoque aussi des effets néfastes sur le tourisme. Une certaine exaspération gagne la population. Cela se traduit par une tendance à répondre aux sirènes du populisme, sans oublier les amalgames négatifs fait avec l'Europe et la libre circulation des personnes.
Il est inacceptable et dégradant de laisser des personnes mendier dans la rue. On favorise aussi le développement d'organisations de traite des êtres humains. Pour les personnes dans le besoin, il existe des moyens sociaux permettant d'éviter la situation extrême qu'est la mendicité.
Afin d'appliquer la loi interdisant la mendicité, il faut une autorité capable d'être humaniste, d'agir et, selon les cas, capable de sanctionner. Le Conseil d'Etat doit intervenir au plus vite pour faire respecter la loi. La dérive vers le laisser-aller est grande. Toute tolérance a des limites qu'il faut savoir contrôler, sinon on bascule dans l'intolérance.